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2. Que veut dire « Être libre » ?

Il faut préciser ce que l'on entend par libre. Des adjectifs erronés comme « gratuit » ou « domaine public » sont parfois utilisés pour parler de ces logiciels.

Ces logiciels ne sont pas toujours obtenus gratuitement : on paie (une somme modeste, typiquement moins de 200 F) pour un (ou plusieurs) CD ou bien on pompe sur sa précieuse liaison Internet pour les charger (ce ne sont pas de petits logiciels).

Ils ne sont certainement pas du domaine public : cela voudrait dire que l'auteur a abandonné tout droit (ou soit mort depuis plus de 70 ans, ce qui est rare en informatique). Linux est couvert par une licence, la General Public License (GPL) de GNU , les *BSD aussi (la licence Berkeley).

Mais ces logiciels sont libres : on peut les distribuer et les redistribuer librement. Il est légal de vendre 10 000 F un CD avec un Linux que l'on a récupéré sur le réseau mais, comme on ne peut pas interdire la redistribution, il y a peu d'intérêt à le faire.

Et on dispose des sources : pas de cachoteries, pas de secrets commerciaux dissimulant de grosses erreurs de conception ou de programmation. Même si la majorité des utilisateurs ne les lira jamais, cette disponibilité des sources permet un développement distribué de ces Unix, par de nombreux programmeurs compétents partout dans le monde. Elle garantit que l'Unix reste libre puisque des milliers de personnes peuvent y travailler. Même si vous n'êtes pas l'un d'eux, vous profitez de cette liberté.

En pratique, le développement de ces Unix est réalisé par des dizaines (parfois des centaines, comme pour Linux) de développeurs situés dans le monde entier. Le succès des Unix libres est inséparable de celui de l'Internet. Inutile de dire que cette collaboration ne va pas sans nuages, coups de gueule, problèmes de personne et autres crises, accompagnées parfois de poses dramatiques (« Puisque c'est comme ça, j'arrête tout »). Des bavures peuvent se produire, par exemple l'oubli de certains cas au moment de sortir une nouvelle version. Mais globalement, la grande liberté qui est laissée au développeur permet à chacun d'apporter quelque chose et la qualité moyenne est étonnement élevée. La coordination finale, pour Linux, reste assurée par Linus Torvalds, pour les *BSD, par un mécanisme plus formel et plus collectif (facilité par la plus petite taille des équipes).


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